Lettre au Dr Krastinova

Le Conseil Départemental des Yvelines de l'Ordre des Médecins a, finalement, fait suivre au Conseil National de l'Ordre, la plainte que j'avais déposée en décembre 2008 à l'encontre du Dr KRASTINOVA. J'ai reçu, hier, le mémoire en défense de son avocat, Me LACOEUILHE. Je le publierai très bientôt car sa lecture est édifiante.
Pour situer les choses, je publie, ci-dessous, la lettre que j'avais envoyée à Mme KRASTINOVA le 17 juillet 2000, soit un peu plus de deux mois après mon opération du 9 mai 2000 à l'hôpital Foch de Suresnes.  

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Docteur Darina Krastinova
Hôpital Foch
40 rue Worth 92150 Suresnes

reprise d'orbitotomie externe et de canthopexie externe pour exophtalmie basedowienneIntervention chirurgicale du 9 mai 2000, à l'hôpital Foch :
Hospitalisation du 8 au 15 mai 2000 - 1ère Visite postopératoire : 8 juin 2000

Boulogne, le 17 juillet 2000

Docteur Krastinova,
J'ai voulu me donner le recul nécessaire pour pouvoir vous écrire avec plus d'objectivité. Deux mois et demi après l'opération, il ne reste pas moins que :
I. Lors des visites préopératoires, vous m'avez assuré :
a)  que vous pouviez obtenir une occlusion palpébrale complète en creusant plus que le Docteur Tazartès ne l'avait fait lors de l'opération qu'il avait pratiquée en 99 ;
b)    que vous redonneriez à mes yeux leur longueur d'origine en tirant les paupières plus qu'il ne l'avait fait. (« Oui, c'est vrai, vous avez toujours eu de grands yeux. On va vous tirer les paupières davantage. C 'est ça que vous voulez, n 'est-ce pas ? »)
c)   que la diplopie créée par l'opération de 99 soit disparaîtrait totalement Ce genre d'opération ne crée pas de diplopie »), soit resterait identique à elle-même ; en aucun cas elle ne devait s'aggraver.
A aucun moment vous n'avez émis de doute ou la moindre réserve sur le succès de l'opération concernant ces trois points. Les résultats devaient correspondre aux demandes. Vous m'avez en outre encouragée à subir cette deuxième intervention. Vous en êtes donc entièrement responsable.

II. Résultat de l'opération :
a)   L'œil gauche ne ferme toujours pas et le muscle palpébral ne fonctionne plus normalement.
b)   Au mépris de votre engagement formel, vous avez raccourci les fentes palpébrales plus encore que le Docteur Tazartès ne l'avait fait. Conséquences : yeux devenus trop petits par rapport au visage ; vision latérale réduite à rien par rapport à ce qu'elle était ; accumulation de plis et de rides sous et aux coins des yeux du fait que les paupières sont beaucoup moins tirées qu'à l'origine ; douleur et irritation constantes aux coins extérieurs des yeux où il s'est créé un pli forcé à un endroit où la peau ne pliait pas.
c)   La diplopie s'est considérablement aggravée et touche toutes les directions, y compris le regard en face qui avait été épargné l'année dernière. Je vois double en permanence, même avec la correction (12 D) qui n'agit en fait, et imparfaitement, que sur le regard strictement en face.
Devant un tel échec, une légitime angoisse s'est emparée de moi. J'ai pourtant dû y faire face seule jusqu'au 8 juin.

III. J'attendais de la visite du 8 juin des explications claires sur cet écart incompréhensible et alarmant entre les promesses et les résultats ; des propositions de solutions aux problèmes que vous avez créés ; enfin, de la sympathie pour mes souffrances, dont vous êtes également responsable. Je n'ai rien reçu de votre part sinon des remarques que j'aurais eu honte à proférer moi-même eussé-je été à votre place :
-   Attribuer mon angoisse au fait que j'avais eu la maladie de basedow et non à l'échec patent de l'opération ;
-   Prétendre expliquer l'accident opératoire qui m'a fait perdre (provisoirement, j'espère, et sans incidences graves sur les dents) la sensibilité d'une partie du visage en disant que « les gens qui ont eu une maladie de basedow ont une sensibilité psychique et physique différente des autres » ;
-   Tenter d'expliquer la persistance de la non-occlusion palpébrale par la référence à des muscles endommagés par la maladie de basedow. (Si tel était le cas, pourquoi ne pas m'avoir avertie avant l'opération, pourquoi même avoir opéré ? En outre, ce n'est que depuis l'opération que la paupière gauche ne réagit plus comme avant.)
-    »II faudra vous y faire, à ce que vos paupières ne ferment pas. Vous n 'avez qu’à utiliser du stéri-strip pour les tenir fermées la nuit !Prétendre vous décharger de l'échec du rétablissement de l'occlusion palpébrale (objectif n° 1 de l'opération à laquelle vous m'avez encouragée) par des propos d'une légèreté consternante : « 
-   Nier purement et simplement m'avoir raccourci les yeux, comme si je ne connaissais pas mes yeux, ou comme si cela ne pouvait pas se vérifier d'après les clichés pré- et post-opératoires. Vous ne l'avez peut-être pas fait exprès, mais le résultat est là : il leur manque environ 6 mm chacun - deux fois plus que l'année dernière - alors que vous vous étiez engagée à leur redonner toute leur longueur (objectif n° 2). Une telle négligence est difficilement pardonnable.

IV. Comment pouvez-vous, en conscience, assumer l'attitude qui a été la vôtre depuis l'opération et le manque de suivi postopératoire ?

- Ne pas venir me voir le soir de l'opération et, le lendemain, m'envoyer votre aide - que je ne connaissais pas - plutôt que de venir vous-même ;
- Passer en coup de vent les deux fois où vous êtes venue, respectivement (et en comptant large) une minute et demie lorsque j'avais encore les yeux bandés, et trois minutes le jour de ma sortie d'hôpital ;
- Ne pas me fixer de rendez-vous de contrôle et quitter la chambre sans un mot de réconfort ;
- Interposer systématiquement votre aide entre vous et moi et lui faire rédiger tout acte lié à l'opération (arrêt de travail, ordonnances) ;
- Le jour où l'on m'a retiré les agrafes, alors que j'étais effondrée par l'état de mes yeux et avais tant besoin de vous voir, me faire dire, par votre aide encore, qu'il [n'était] pas utile que je [vous] voie avant deux ou trois mois - voire plus ! Heureusement que l'infirmière a eu pitié de moi et s'est interposée pour suggérer au Docteur Baujat que l'on me fixe un rendez-vous avec vous le dernier jour de mon arrêt maladie. Il n'a pas osé refuser, d'où le rendez-vous du 8 juin.
Et, le 8 juin :
- Ne pas manifester le moindre signe de sympathie ou d'intérêt, fût-ce le plus élémentaire tel que vérifier l'état de la cicatrice, m'examiner les yeux ou me demander comment j'allais ;
- Faire preuve de si peu d'écoute et de disponibilité qu'il m'a fallu insister pour pouvoir, au moins, poser mes questions ;
- Refuser d'assumer toute responsabilité dans les suites opératoires en me renvoyant vers l'orthoptiste ou l'ophtalmologiste, y compris pour la prolongation d'arrêt maladie « qui ne se justifie pas sur le plan chirurgical. (...) Mais, moi, je vous conseille de reprendre le travail. » Sage conseil, en effet - prodigué à une personne qui peut à peine marcher seule. 
Ne pas me prescrire de scanner de contrôle ou me proposer de revenir vous voir dans deux mois, puisque vous pensiez qu'il était encore trop tôt pour juger du résultat.
Que penser, enfin, de votre demande que je fasse une donation à la fondation Foch lorsque — apprenant que vous y exerciez aussi, et pour des raisons financières je suis venue vous voir à l'hôpital et non plus à la clinique ? Curieusement, après l'opération, vous n'en avez plus reparlé...

Affaire classée ? Non. Le manque de sincérité et de souci du patient ne sont pas des réponses. J'attends de véritables réponses, ainsi que des réparations physiques et morales. Que suis-je censée faire maintenant, avec ma paupière qui ne ferme toujours pas ; ma vision latérale réduite à rien et ma diplopie qui fait de moi une handicapée ; ma peau parcheminée, mon visage insensible et mon moral au-dessous de zéro ?

P.-S. : j'envoie copie de cette lettre à Monsieur Hontebeyrie, directeur de l'hôpital Foch, ainsi qu'au Docteur Tazartès.
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Azureine, victime de fautes médicales et d'expertises judiciaires bidon

 

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