abus de confiance

Le Dr Krastinova & l'ODM - 2.

Mon Mémoire en réplique

Ce matin, 6 avril 2010, j'ai déposé, rue Borromée, le mémoire en réplique dans le cadre de ma plainte devant l'Ordre des Médecins, à l'encontre de Mme KRASTINOVA. Je le publierai dans quelques jours.
La lecture de ses mensonges m'a fait replonger dans l'enfer que j'ai connu après l'opération de mai 2000. Dix ans plus tard, elle est pareille à ce qu'elle fut à l'époque...

Azureine, victime de fautes médicales et d'expertises judiciaires bidon 

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Voici mon mémoire, ci-dessous : 

 « PLAISE AU CONSEIL

Dans le mémoire en défense que Me LACOEUILHE présente au soutien de ses intérêts, le Dr Darina KRASTINOVA-LOLOV n’use que d’affirmations gratuites, sans jamais apporter le moindre élément de preuve à l’appui de ses dires – sauf à citer les propos des Experts judiciaires Laurent LAROCHE et Gilles CHAINE qui, eux-mêmes, ne font que répéter les propos des chirurgiens. 
Par ailleurs, elle fait erreur sur tous les faits rapportés.

I. RAPPEL DES FAITS

Le Dr TAZARTES m’a opérée d’une « exophtalmie bilatérale, par voie bi-coronale », non pas parce que je souffrais d’une « ophtalmopathie / myopathie / exophtalmie dysthyroïdienne pouvant compromettre la vision » (pp. 3, 7 et 16 du rapport LAROCHE), mais parce qu’il trouvait que c’était une façon plus esthétique et plus efficace de résoudre la petite gêne liée à une malocclusion palpébrale, provoquée, des années auparavant par une exophtalmie bénigne. Cette exophtalmie bénigne était elle-même l’unique séquelle d’une maladie de Basedow, guérie depuis des années.
Le Dr TAZARTES m’avait soigneusement caché les risques de l’opération, sa contre-indication pour la petite gêne que je présentais et le fait qu’il traitait ainsi l’exophtalmie pour elle-même, en oubliant la malocclusion palpébrale.

Au lieu de résoudre la malocclusion palpébrale, le Dr TAZARTES l’a aggravée : en fixant les ligaments palpébraux en-deçà de leur point de fixation d’origine, il a malencontreusement raccourci les fentes palpébrales, relâchant d’autant les paupières inférieures. Du coup, les paupières supérieures n’arrivaient plus à descendre jusqu’à elles, malgré le léger recul des globes oculaires (» 2 mm).

Ce raccourcissement des fentes palpébrales a eu une conséquence autrement plus grave : les paupières, moins tendues qu’à l’origine, ne pouvaient plus assumer leur fonction protectrice de « couvercle » des yeux. Insuffisamment tendues, elles « tombaient » sur l’œil, provoquant un frottement permanent du rebord interne des paupières directement sur la cornée, pendant le sommeil. Ce frottement, ou érosion, source de fatigue et d’irritation oculaires, est responsable de la perte constante, progressive, de mon acuité visuelle, corrigée et non corrigée, de loin et de près. En 11 et 10 ans, j’ai perdu entre 5 et 6 dixièmes en vision corrigée de loin, passant de 12/10èmes, avant les opérations, à 9/10èmes, puis à 8/10èmes, puis à 7/10èmes. Les dernières mesures, prises à la Fondation Rothschild en septembre 2009, indiquent une acuité visuelle corrigée de loin de 6/10èmes à gauche et de 7/10èmes à droite. L’acuité visuelle non corrigée s’est détériorée dans les mêmes proportions. (P.J. n° 64, 66)

Sauf à faire cesser le frottement anormal des paupières sur la cornée, cette perte d’acuité visuelle se poursuivra jusqu’à la malvoyance, voire, jusqu’à la cécité. En 2008, j’ai consulté le Dr Laurent LALOUM, neuro-ophtalmologiste. Il m’a dit : « C’est grave. On ne sait pas ce que sera votre vue dans deux ans. »
     -En raison de la fausse information que les Drs TAZARTES et KRASTINOVA m’ont fournie concernant la décompression orbitaire, ses risques et ses indications chirurgicales ;
     -dans la mesure où la malocclusion initiale s’était aggravée et où je me retrouvais infiniment plus mal qu’avant ;
     -enfin, dans la mesure où la première opération avait créé des atteintes visuelles et oculomotrices dont je ne souffrais pas auparavant,
une deuxième opération me semblait, en effet, nécessaire, pour redonner aux fentes palpébrales leur longueur d’origine, rétablir ainsi l’occlusion et faire cesser le frottement permanent durant le sommeil.

Ainsi, ce n’est pas la malocclusion palpébrale initiale mais les dommages causés par la première opération qui ont rendu une deuxième opération nécessaire. D’autant que Mme KRASTINOVA m’avait laissé espérer la disparition pure et simple de la première diplopie (« Ce genre d’opération ne crée pas de diplopie »), avait balayé toutes mes craintes quant à une éventuelle aggravation de la première diplopie et n’avait évoqué aucun risque visuel, ou autre, quel qu’il soit. Je ne suis pas médecin. Je n’avais jamais entendu parler de décompression orbitaire, de voie coronale ou de diplopie avant cela. Comme tous les patients, j’ai fait confiance aux chirurgiens.

Cela étant dit, il était du devoir de Mme KRASTINOVA de réfléchir aux raisons pour lesquelles mes paupières fermaient moins bien alors que les globes oculaires avaient reculé de quelque deux millimètres, c’est à dire, infiniment plus qu’il ne manquait à mes paupières pour être jointives. Aurait-elle réfléchi, elle aurait peut-être compris que le problème était lié à la longueur des fentes palpébrales et non à un recul insuffisant des globes oculaires… et aurait prescrit l’opération adaptée pour corriger ce problème – une voie coronale pour fixer les ligaments palpébraux plus loin à l’extérieur, mais sans toucher aux cavités orbitaires, cette fois.  

II. L'ATTITUDE IRRESPONSABLE ET CRIMINELLE DE MME KRASTINOVA

     1) La première consultation eut lieu à la clinique du Château de la Maye, à Versailles, où je devais également être opérée
Contrairement à ce qu’indique Me LACOEUILHE, la date du 21 octobre 1999 ne correspond pas à la première consultation préopératoire avec le Dr KRASTINOVA, mais à la deuxième. La première eut lieu le 18 août 1999, à la Clinique du Château de la Maye, à Versailles, où je devais également être opérée. Mes finances ne me permettant pas de payer des honoraires de consultation élevés, et apprenant qu’elle consultait aussi à Foch, j’ai pris rendez-vous dans cet hôpital pour la deuxième consultation du 21 octobre 1999. Mme KRASTINOVA fut ulcérée de me voir là – comme si je l’avais trahie. C’est de là que date son changement d’attitude à mon égard : elle a cessé de me traiter en patiente et a cherché de quelle autre façon elle pourrait m’utiliser au mieux de ses intérêts.

Lors de la 3ème consultation préopératoire du 18 novembre 1999, lorsque, à ma grande surprise, elle m’a proposé de m’opérer à l’hôpital Foch, non à la Clinique de Versailles, alors qu’elle m’avait dit, dans un premier temps, que l’opération comportait un aspect esthétique non compatible avec l’hôpital, elle s’était expliquée en ces termes : 
« Mais on écrit ce qu’on veut sur un compte-rendu opératoire ! Il suffira que je ne dise pas qu’il y a un aspect esthétique. »

Lors de la deuxième expertise, le Dr KRASTINOVA avait reconnu m’avoir d’abord vue à la clinique de Versailles, comme décrit dans le rapport :
« AUDITION du Docteur KRASTINOVA. Le Docteur KRASTINOVA voit Madame BUCHER à la demande du Docteur HAYOT en Août 1999, la patiente se plaignant de diplopie, d'une diminution de la fente palpébrale, d'une impression de ride et toujours de l'inocclusion palpébrale nocturne. La patiente a été vue plusieurs fois à l'Hôpital Foch et au Cabinet du Docteur KRASTINOVA. » (p. 11 du rapport CHAINE)

     2)   Information du patient : « Ce genre d’opération ne crée pas de diplopie »
Mme KRASTINOVA m’a répété cette phrase à chacune des trois consultations préopératoires. Selon elle, la diplopie survenue à l’issue de la 1ère opération réalisée par le Dr TAZARTES était due à une maladresse de celui-ci. Elle se faisait fort, par une nouvelle intervention du même genre, de la faire disparaître, et me garantissait, qu’en tout état de cause, elle ne serait pas aggravée : « Ce genre d’opération ne crée pas de diplopie. (…) Il y a de fortes chances qu’elle disparaisse ; mais, attention, elle peut ne pas disparaître complètement. (…) En tout cas, ne vous inquiétez pas. Elle ne risque pas de s’aggraver. Il y a de fortes chances qu’elle disparaisse complètement. »

Lorsque le Dr TAZARTES m’avait téléphoné le 23 septembre 1999, je lui ai rapporté les propos du Dr KRASTINOVA. Il m’a dit : « Elle ne prendrait pas le risque de vous opérer si cela devait aggraver la diplopie (…) Madame Krastinova est très compétente. Si elle vous a dit qu’elle pouvait améliorer, alors on peut la croire. » (P.J. n° 44)

En prétendant m’avoir informée du risque de diplopie ou de celui de son aggravation, Mme KRASTINOVA ment. Elle ment sur ce point comme elle ment sur les autres. Elle n’a jamais évoqué aucun risque visuel et, contrairement à ce qu’écrit son Conseil, elle n’a parlé ni de deuxième, ni de troisième phase pour prendre en charge les problèmes palpébraux ou oculomoteurs postopératoires. Elle n’a d’ailleurs jamais rien proposé de tel en postopératoire.

Me LACOEUILHE, qui cite le rapport LAROCHE abondamment, omet pourtant de citer un passage intéressant qui contredit Mme KRASTINOVA sur l’information qu’elle m’aurait fournie :  
« La victime déclare devant les personnes présentes à l'expertise que le Docteur KRASTINOVA lui aurait dit "...que la décompression orbitaire n'entraîne pas de diplopie". Cette phrase rédigée par l'Expert devant la victime et toutes les personnes assistant à l'expertise paraît bien correspondre à ce que Madame BUCHER a retenu de ce qu'elle a compris du Docteur KRASTINOVA. » (p. 5 du rapport  LAROCHE)

On peut s’interroger sur la logique que le Pr LAROCHE a suivie pour :
- d’une part noter ces propos rapportés de Mme KRASTINOVA, propos qu’elle n’a jamais niés, ni  lors de la réunion d’expertise, ni précédemment ;
- d’autre part, les oublier complètement une fois notés, faire comme s’il ne les avait jamais notés, comme s’il n’en avait jamais été question – et conclure en faveur du Dr KRASTINOVA, concernant le devoir d’information du patient :

« Le Docteur KRASTINOVA considère donc qu'elle a aussi rempli son devoir d'information à l'égard de Madame BUCHER qu'elle a vue plusieurs fois et qui lui a donc donné son consentement éclairé. » (p. 7 du rapport)
« Les actes et traitements médicaux étaient pleinement justifiés. Les Praticiens ont rempli leur devoir d'information. » (p. 16 du rapport)

Comment l’Expert LAROCHE concilie-t-il les paroles rapportées de Mme KRASTINOVA, paroles qui, sans aucune ambiguïté, nient tout risque de diplopie lié à une décompression orbitaire, et sa conclusion, à lui, selon laquelle elle m’aurait informée de ce risque – dont elle n’a cessé de me répéter qu’il n’existait pas !

L’Expert LAROCHE va plus loin. Il dénature mes propos sans complexe, et me fait dire tout autre chose que ce que j’ai dit :
« Le défendeur a rempli son devoir d'information à l'égard de la demanderesse, préalablement aux soins critiqués. Madame BUCHER conteste cela. Ce que Madame BUCHER reproche en fait aux chirurgiens qui l'ont opérée, n'est pas un défaut d'information sur les risques encourus, mais de n'avoir su prédire quel serait, dans le cas précis le résultat de l'intervention, et la gêne qu'elle en ressentirait. Il s'agit donc plus d'un défaut de prédiction que d'un défaut d'information. » (p. 10 du rapport)
Il a voulu me faire dire cela lors de l’expertise, et je me suis, bien sûr, immédiatement inscrite en faux. Aucun patient ne confond défaut d’information sur les risques et prédiction quant au résultat d’une opération. Malgré cela, il a maintenu cette fausse déclaration dans son rapport définitif. L’Expert CHAINE fera de même pour la deuxième expertise.

Comment faut-il le dire pour que les Experts comprennent ? Non, Mme KRASTINOVA ne m’a informée d’aucun risque, ni du risque de diplopie, ni de celui de la perte de sensibilité dans le territoire des nerfs infra-orbitaires, ni du reste. Elle a, systématiquement et vigoureusement, nié le risque de diplopie en répétant, à chacune des trois consultations préopératoires : « Ce genre d’opération ne crée pas de diplopie. »

Par ailleurs, que vaudrait une information que le patient n’aurait pas entendue ou pas comprise ? Ou une information que seul le chirurgien prétend avoir fournie, ce en quoi il est contredit par un faisceau d’éléments de preuve ? Que vaut un consentement lorsque les chirurgiens mentent sur ce qu’ils disent avoir dit à la victime ou lorsque l’opérateur n’est pas celui avec lequel le contrat moral a été passé mais un interne débutant que le patient n’a jamais vu auparavant ? Que vaut un consentement extorqué au patient sous un faux prétexte ou lorsque celui-ci est endormi et opéré à son corps défendant ?

Les termes de la mission d’expertise sont clairs sur le sujet :
« - rechercher au vu des éléments de preuve éventuellement fournis, si chacun des médecins défendeurs a procuré à Madame BUCHER, avant les interventions litigieuses, une information complète, adaptée et pleinement compréhensible par cette dernière, sur la nature de l'intervention, sur ses suites, risques et conséquences, permettant à Madame BUCHER de donner un consentement pleinement éclairé, » (P.J. n° 69, jugement du 16/10/2006, p. 6)

Les Prs LAROCHE et CHAINE ont pris fait et cause pour les chirurgiens, au mépris de la logique, de la vraisemblance, des éléments de preuve fournis, de la déontologie expertale et de la justice.

     3)   Fiche de « consentement éclairé »
Lors de la 3ème consultation préopératoire, le 18 novembre 1999, Mme KRASTINOVA m’a fait signer une fiche dite de « consentement éclairé », en me précisant que c’était une simple formalité exigée par l’hôpital. Cependant, au lieu de me la remettre, comme c’est l’usage, en me demandant de la rapporter le jour de l’hospitalisation si je ne changeais pas d’avis d’ici-là, elle l’a conservée précieusement, alors que nous étions à six mois de l’opération. Plus tard, elle l’a ressortie pour l’utiliser contre moi.

Il faut beaucoup de mauvaise foi pour imaginer une seconde que cette fiche correspond à un « consentement éclairé » ou qu’elle prouve que telle ou telle information m’a été délivrée. En effet, aucune information, aucun risque n’y est mentionné par écrit. Il est donc facile, à un chirurgien malhonnête, de prétendre avoir dit au patient le contraire de ce qu’il lui a effectivement dit. C’est très exactement à cela que Mme KRASTINOVA s’est systématiquement livrée après l’opération.

Précisément parce qu’il ne comporte aucune information écrite, ce type de fiche de consentement n’a aucune valeur et ne peut constituer, pour le chirurgien, une preuve qu’il a effectivement informé le patient. Or, le chirurgien est tenu, de par la loi, d’apporter la preuve qu’il a informé le patient des risques d’une opération. Le Dr KRASTINOVA ne s’est jamais acquittée de ce devoir. Les Experts judiciaires LAROCHE et CHAINE l’en ont dispensée – ce qu’ils ne peuvent faire, au regard de la loi.

La moindre opération, même bénigne, s’accompagne d’une information détaillée et complète, sous forme d’écrits, de photos, de cassettes vidéos… Il est pour le moins anormal que pour des opérations aussi lourdes que celles que j’ai subies, qui eurent des conséquences aussi désastreuses sur ma santé et ma vie, il n’y ait rien eu… Et qu’en plus, les Drs TAZARTES et KRASTINOVA mentent sur ce qu’ils disent m’avoir dit.

     4) J’ai été endormie et opérée à mon corps défendant, en l’absence du Dr KRASTINOVA
Le matin de l’opération, je tenais absolument à parler au Dr KRASTINOVA, à qui j’avais quelque chose de très important à dire. Elle était absente de l’hôpital. Le seul chirurgien présent était le Dr BAUJAT. Lorsqu’il m’a dit qu’on allait m’endormir et « commencer », j’ai catégoriquement refusé qu’il se passe quoi que ce soit avant d’avoir vu et parlé au Dr KRASTINOVA. Il m’a dit : « On ne peut pas l’attendre. On ne sait pas quand elle arrivera. »
J’ai clairement réitéré mon refus. C’est à ce moment qu’il a fait un geste à l’anesthésiste placé derrière moi et que je ne voyais pas. Celui-ci m’a immédiatement endormie.

On n’endort jamais un patient sans que le chirurgien qui doit opérer ne soit présent dans la salle d’opération. Le seul chirurgien présent était le Dr BAUJAT. C’est donc lui qui m’a opérée. Mme KRASTINOVA ne m’a pas opérée, tout simplement parce qu’elle n’était pas là. Une autre preuve en est que c’est le Dr BAUJAT qui a signé les comptes-rendus opératoire et d’hospitalisation, comme tous les documents internes et externes me concernant. De même qu’un auteur n’attribue pas à un de ces élèves son dernier ouvrage, de même, jamais aucun chirurgien ne fait signer par son interne le compte-rendu d’une opération qu’il a pris la peine, et le risque, de réaliser lui-même. (Voir Code de Déontologie des Médecins)
Par ailleurs, le problème de l’identité de l’opérateur ne doit pas masquer l’acte gravissime dont le Dr BAUJAT s’est rendu coupable. En passant outre à mon refus et en me faisant endormir de force, il a commis l’équivalent d’un viol, ce que rien ne peut excuser. J’avais accepté de me faire opérer par Mme KRASTINOVA, pas de me faire endormir et opérer à mon corps défendant par quelqu’un d’autre. Me LACOEUILHE ne semble pas saisir la différence.

Contrairement à ce que déclare Me LACOEUILHE, j’avais, bien sûr, abordé ce grave problème avec M. HONTEBEYRIE, directeur de l’hôpital Foch (P.J. n° 61), et ce motif spécifique de plainte faisait partie des doléances à l’origine de la demande d’une nouvelle expertise déposée en 2004. S’il ne figurait pas dans la première plainte de 2002, c’est que, pour des raisons qui lui sont propres, mon Conseil de l’époque ne l’avait pas inclus. C’est également contre mon avis qu’elle a abandonné le dossier à la lecture du rapport du Pr LAROCHE.

     5)   Les suites opératoires
Les suites opératoires ont été marquées, notamment, par :

     Inocclusion palpébrale

  • Nouvelle aggravation de la malocclusion palpébrale du fait d’un plus grand raccourcissement des fentes palpébrales : mes paupières sont considérablement moins jointives qu’avant !  
  • Nécessité de faire le noir total pour dormir
  • Gêne constante lors du sommeil en raison du frottement du rebord interne des paupières sur la cornée. Je me réveille les yeux irrités et douloureux ;

     Problèmes oculomoteurs

  • Aggravation phénoménale par rapport à la diplopie créée par la 1ère opération. La deuxième diplopie touchait, désormais, tous les champs du regard, y compris le regard en face. De plus, les images des deux yeux étaient tellement éloignées l’une de l’autre que je ne pouvais même plus marcher seule dans la rue. Il fallait que l’on me tienne, pour que je puisse descendre les trottoirs ou éviter de me heurter à tous les obstacles. La diplopie est restée considérable et s’est encore aggravée en 2006-2007 (prismes plus forts) et à nouveau en septembre 2009 (addition d’une dioptrie base inférieure œil droit à la correction actuelle de 5 dioptries). (P.J. n° 15 et 16, 23 et 23 ; 64, 65) ;
  • Perte de la vision binoculaire et donc perte de la perception des reliefs et des distances ;
  • Torticolis compensateur, qui constitue un deuxième handicap, parfois plus invalidant même que la diplopie parce que source d’une douleur constante. Déformation progressive et irréversible du rachis cervical et dorsolombaire. (P.J. n° 27, 64)

     Problèmes visuels

  • Perte constante d’acuité visuelle de loin et de près, corrigée et non corrigée : Voir page 1.
  • Perte de la vision nocturne, sans doute liée à la perte d’acuité visuelle, selon le Dr LALOUM ; 
  • Précipitation de la presbytie dès après la 1ère opération. Le Docteur TAZARTES m’a informée, après-coup, que la décompression orbitaire précipitait, en effet, la presbytie.
  • Rétrécissement et altération du champ visuel : angoisse dans la rue car je ne vois les gens qu’après qu’ils m’ont dépassée ; j’ai des trous dans le champ visuel qui se manifestent de façon intermittente. C’est ainsi qu’en novembre 2007, j’ai heurté une vieille dame : elle n’était pas dans mon champ visuel.
  • Kératites à répétition, souvent plus marquées à droite qu’à gauche, en raison du frottement des paupières contre la cornée, pendant le sommeil ;
  • sécheresse et fatigue des yeux, en particulier de l'œil droit : parfois, dès le matin ou en début d’après-midi, mon œil droit commence à être irrité et à ne pouvoir rester ouvert ; nécessité de recourir à des collyres qui ne suffisent pas à résoudre le problème.
  • Filaments noirs en permanence dans le champ de vision. 

     Autres problèmes fonctionnels

  • Perte de la sensibilité du visage par lésion des nerfs sous-orbitaires (nez, joues, arcade dentaire). Je ne sens ni le baiser, ni lorsque j’ai le nez qui coule. Retentissement social et professionnel. Pendant des mois, je suis restée incapable de me nourrir correctement, ou proprement, parce que, ne sentant pas ma bouche, je ne maîtrisais pas le trajet de la fourchette jusqu’à elle. Egalement, conséquences désastreuses sur l’élocution.
  • Nécrose de la dent n° 13.
  • La paupière supérieure gauche ne se rabat pas normalement.
  • Nouvelle occlusion buccale rendant l’alimentation difficile pendant des mois.  

     Problèmes esthétiques

  • De nouveaux plis et rides en zone péri-oculaire – même lorsque le visage est au repos – en raison d’un plus grand relâchement de la peau dû à un plus grand raccourcissement des fentes palpébrales. (voir photos : P.J. n° 38, 39 et 40) ;
  • Zones sans cheveux dans le cuir chevelu ;
  • Yeux plus petits qu’avant en raison du raccourcissement des fentes palpébrales ;
  • Dissymétrie des yeux : le ligament palpébral droit est fixé plus haut que le gauche ;
  • Dissymétrie des paupières supérieures : la paupière supérieure gauche ne recouvre pas normalement l'œil ;
  • Relâchement de la peau dans la partie inférieure du visage, accentuation des sillons naso-géniens et vieillissement accéléré de tout le visage du fait du relâchement de la peau au niveau des yeux.
  • Nouveau creux sous l’œil gauche en plus du creux sous l’œil droit laissé par la première opération…

     Retentissement sur ma santé psychique et physique :

  • Etat dépressif récurrent depuis les opérations (P.J. n° 36 ; ordonnances) ;
  • Réactions cutanées récurrentes sous formes de dermographisme, d’eczéma aux mains et de mycoses entre les orteils, que je suis obligée de soigner de façon quasi constante. (Voir ordonnances) ;
  • Troubles de la mémoire et de l’orientation. (P.J. n° 36, 37)

     Fin des études et de la promotion professionnelle

  • La diplopie m'a empêchée de passer l'agrégation en 1999 (présente à la 1° épreuve mais pas à la 2° en raison de la diplopie qui m'empêchait de lire et d'écrire) et encore plus en 2000. Je ne peux plus ni préparer de concours, ni faire de thèse, ni même maintenir mes connaissances à jour, faute de pouvoir lire et écrire de façon continue.
  • Je ne peux plus exercer mon métier normalement : douleurs constantes aux cervicales générées par le torticolis compensateur lorsque je corrige les copies ou prépare mes cours ; difficulté pour passer de la vision de près à la vision de loin en cours. (P.J. n° 10, 11, 64.)

     Fin de mes projets d’avoir un enfant

  • Après la 2e opération, je n’étais plus en état de m’occuper d’un enfant. J’ai dû abandonner le projet d’adoption alors que je venais d’obtenir l’agrément (2000) après des années de démarches. (P.J. n° 32)

     Fin des activités de sports et de loisirs 

  • J’ai dû cesser mes activités de sports et de loisirs: conduite ; sorties (cinéma, théâtres, concerts…) ; visites de monuments ; randonnées ; marches de nuit ; course à pied ; golf. Quand ce n’est pas la diplopie qui me gêne, c’est le torticolis compensateur, la baisse d’acuité visuelle, le rétrécissement du champ visuel ou une combinaison de plusieurs de ces facteurs.
  • Je ne peux même plus jouer normalement au scrabble : il faut un dispositif pour surélever et incliner la grille. (P.J. n°42)

Autres problèmes :

  • Depuis les opérations et les atteintes à la vision (baisse d’acuité visuelle, perte de la vision binoculaire), je ne peux même plus faire le ménage correctement, découdre un ourlet, ou repeindre mon appartement comme j’avais coutume de le faire.

Au total, cette deuxième opération, censée réparer les dommages causés par la première, aura nécessité plusieurs années de congé de longue maladie et neuf mois de mi-temps thérapeutique. Elle a fait de moi une handicapée COTOREP officielle, vivant dans la douleur quotidienne et nécessitant aménagements de poste et allègements d’horaires – qui deviennent insuffisants à mesure que mon état s’aggrave. Bientôt, je ne pourrai plus exercer mon métier du tout. (P.J. n° 1 à 13)
La liste des dommages ci-dessus, l’angoisse et la détresse, indicibles, qui m’ont tenue dans leur étau pendant des mois et des années n’ont pas provoqué ne fût-ce qu’un battement de cil chez Mme KRASTINOVA – qui parle même de « suites opératoires simples » ! (P.J. n° 49 et p. 2 du mémoire en défense)

     6)   Absence totale de suivi et de soins postopératoires
Mme KRASTINOVA ne m’a jamais fixé de rendez-vous de contrôle. C’est moi-même qui ai réclamé et pris rendez-vous auprès de l’hôpital pour les trois consultations postopératoires des 8 juin, 21 septembre et 23 novembre 2000. N’ayant pas le pouvoir de refuser de me recevoir, elle m’a reçue, à contrecœur. Mais c’est bien tout ce qu’elle a fait. Or, un suivi postopératoire ne se réduit pas à cela.
Chaque fois, elle n’apportait aucune explication aux suites opératoires catastrophiques et n’offrait aucune solution aux dommages corporels gravissimes que j’avais subis si bien que je quittais la consultation encore plus mal en point que je n’y étais arrivée. (P.J. n° 46, 47, 60)

     a. Refus de me recevoir en consultation le jour du retrait des agrafes, le 18 mai 2000
Le 18 mai, jour du retrait des agrafes, alors que j’étais désespérée par l’état de mes yeux, effondrée, en larmes, dans la salle des pansements, le Dr KRASTINOVA a refusé de me recevoir en consultation – malgré la demande pressante de l’infirmière. Le Dr BAUJAT, venu dans la salle des pansements dans le but unique de rédiger une ordonnance pour l’ablation des agrafes parce que j’avais oubliée celle que l’on m’avait donnée à l’hôpital, m’a dit à cette occasion : « Il n’est pas utile que vous voyiez le Dr KRASTINOVA avant deux ou trois mois, voire plus. Oui, voire plus. » (P.J. n° 60)
De toute évidence, je n’avais pas droit au même traitement que les autres patients : l’infirmière était d’autant plus surprise que Mme KRASTINOVA recevait toujours les patients en consultation le jour du retrait des agrafes. C’était d’ailleurs indiqué sur le compte-rendu d’hospitalisation : « La patiente sera revue en consultation le jour de l’ablation de ses agrafes le 18.05.2000 » (P.J. n° 49) 

C’est encore l’infirmière qui a insisté pour que le Dr BAUJAT ne parte pas sans m’avoir fixé un rendez-vous avec le Dr KRASTINOVA à l’expiration de mon arrêt de travail. D’où le rendez-vous du 8 juin 2000. (Le 1er arrêt de travail s’arrêtait le 4 juin, qui ne tombait pas un jeudi ; il en a donc établi un autre allant jusqu’au 8 juin.)

     b. Refus de prolonger l’arrêt de travail
Le 8 juin, Mme KRASTINOVA a refusé de prolonger l’arrêt de travail de 3 semaines, établi et signé le 18 mai par le Dr BAUJAT. Pour elle, tout s’était bien passé. Le fait que je ne pas pusse marcher seule dans la rue, ni descendre une marche, ni lire ou écrire, ni même regarder la télévision, ni fermer l’œil la nuit… ne lui semblait pas du tout constituer un problème. Elle m’a répondu que si la diplopie créée par l’opération m’empêchait de travailler, il fallait que je m’adresse à « mon » ophtalmologiste pour faire prolonger l’arrêt de travail. N’ayant pas d’ophtalmologiste, je suis allée voir, en catastrophe, celle de l’hôpital Foch, que j’avais vue en préopératoire et qui  m’a prolongé l’arrêt de travail de trois semaines, en me disant que si je nécessitais davantage, il fallait que je m’adresse ailleurs.

En refusant de prolonger l’arrêt de travail, Mme KRASTINOVA a encore ajouté à ma détresse et à mon angoisse en m’obligeant à m’adresser à divers médecins – qui ne comprenaient pas pourquoi le chirurgien refusait de prolonger l’arrêt de travail, alors que, visiblement, je n’étais pas en état de travailler, et qui me renvoyaient les uns aux autres, de généralistes en spécialistes, et vice versa – jusqu’à ce que le Comité Médical des Hauts-de-Seine me fasse examiner par un Expert et m’arrête pour un an. C’est du jamais vu dans l ‘histoire médicale que de demander à son patient d’aller faire établir par d’autres médecins des arrêts de travail occasionnés par une incapacité dont on est soi-même responsable. (P.J. n° 55 à 59 ; 3 à 13)

A titre de comparaison, le Dr TAZARTES m’avait prescrit 4 mois d’arrêt de travail en raison de la première diplopie – pourtant infiniment moins grave que la deuxième, pour laquelle il m’a été prescrit un arrêt de 3 semaines ! (P.J. n° 3 à 13 et 55 à 59)

     c. Aucun « état des lieux » ou bilan postopératoire et aucune prise en charge, ni de la diplopie phénoménale causée par l’opération, ni des autres atteintes
Mme KRASTINOVA n’a proposé aucun soin et aucune prise en charge de la diplopie et ne m’a indiqué aucun orthoptiste ou ophtalmologiste pour s’en occuper. Je devais gérer ces problèmes moi-même, comme je pouvais. Or, je ne pouvais pas même retourner voir l’orthoptiste que j’avais vue à l’occasion de la première opération parce qu’elle habitait loin et que la nouvelle diplopie me rendait incapable de me déplacer en métro, encore moins en voiture.

Aucun bilan postopératoire n’a été fait. Elle ne m’a jamais examinée (yeux, paupières, cicatrice dans le cuir chevelu, blocage de l’ouverture buccale…) et ne m’a même jamais demandé comment j’allais.
Là encore, c’est du jamais vu dans les annales chirurgicales, qu’une opération aussi lourde, ayant causés des dommages fonctionnels aussi graves, ne donne lieu, en postopératoire, à aucun examen, à aucune mesure, à aucune explication et à aucun soutien psychologique. Mme KRASTINOVA n’était pas intéressée par :
  - mon invalidité et mon incapacité à reprendre le travail ;
  - les objectifs opératoires rapportés aux résultats de l’opération ;
l’aggravation de la malocclusion palpébrale, l’impossibilité, désormais, que les yeux restent complètement fermés et la nécessité de faire le noir total pour pouvoir dormir ;
  - la diplopie phénoménale causée par la deuxième opération ; sa comparaison avec la première, qu’elle était, pourtant, censée faire disparaître, ou en tout cas améliorer ; le type de diplopie dont il s’agissait (horizontale, verticale et torsionnelle) ; les directions du regard touchées ; les muscles lésés ; l’éventualité d’une chirurgie oculomotrice….
  - la baisse d’acuité visuelle…
  - comment je me débrouillais pour me nourrir avec mon visage insensible et la fermeture buccale…  
  - le torticolis oculaire et les douleurs cervicales…

     d) Il n’y eut aucun soin postopératoire, à aucun moment.
Voici les seules réponses ou explications auxquelles j’ai eu droit le 8 juin 2000, à l'exclusion de tout suivi, soin, réconfort, de quelque nature que ce soit :
 1°) Diplopie : « Il est trop tôt pour juger de cette nouvelle diplopie. » ; « Il faut voir avec le spécialiste. »
 2°) Perte de la sensibilité du visage : « Je n’ai pas touché à ces zones-là. Les personnes qui ont eu une maladie de Basedow ont une sensibilité psychique et  physique différente des autres. »
 3°) Aggravation de la malocclusion palpébrale : « Il faudra vous y faire, à ce que vos paupières ne ferment pas. Vous n’avez qu’à utiliser du stéri-strip pour les maintenir fermées la nuit. »

Et le 21 septembre 2000 :
 1°) Perte de la sensibilité du visage : « C’est long. »
 
2°) Diplopie : « Il faut attendre. »
 3°) Relâchement de la peau, plis et rides autour des yeux, accentuation des sillons naso-géniens : « Il faut longtemps. » ; « De toute façon, c’était de la chirurgie réparatrice, pas de la chirurgie esthétique ; vous avez été opérée à l’hôpital, pas à la clinique ; et ça ne vous a pas coûté un sou. »
Mme KRASTINOVA ne semble pas avoir remarqué que ce qu’elle appelle chirurgie réparatrice n’avait rien réparé du tout mais avait causé des dommages incommensurables, irréversibles ; et que ce qui ne m’avait pas coûté un sou a fini par me coûter l’équivalent de 3 ou 4 interventions en clinique… pour le moment.

En page 2 de son mémoire en défense, Me LACOEUILHE écrit : « Que la patiente refusait de faire pratiquer le bilan orthoptique post opératoire ainsi que les séances d'orthopsie. » Il oublie de préciser que l’Ordonnance de Mme KRASTINOVA (qui ne prescrit qu’un bilan orthoptique, pas de séances d’orthoptie) fait suite à ma plainte auprès de la direction de l’hôpital Foch et date du 18 septembre 2001, soit 1 an et 4 mois après l’intervention. Si les choses s’étaient mieux passées, j’aurais cessé de voir Mme KRASTINOVA depuis longtemps. Je ne sais pas où j’en serais si j’avais attendu Mme KRASTINOVA pour faire réaliser des bilans ou suivre des séances de rééducation orthoptique.

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